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Conference papers

Les représentations sociales du risque ciguatérique en Polynésie française

Résumé : Cette recherche en sciences sociales porte sur le risque ciguatérique affectant la santé de la population polynésienne qui, au regard du nombre de personnes intoxiquées chaque année, est dans une situation préoccupante. L’exposition à ce risque dépend directement de l’écosystème marin, mais aussi des approches différentes des responsabilités individuelles qui varient en fonction des modes de vie, des comportements et des représentations. Cette étude permet donc de comprendre les représentations du risque ciguatérique des Tahitiens, c’està-dire leurs connaissance, conscience et acceptation du risque sanitaire, mais aussi de cerner les représentations que se font les Tahitiens du risque sanitaire ciguatérique, ainsi que les facteurs culturels et socioéconomiques qui expliquent et justifient la consommation de poissons susceptibles d’être contaminés. En effet, les récifs coralliens polynésiens constituent des enjeux multiples. Ils sont un habitat naturel pour la faune marine qu’ils abritent et une ressource halieutique pour les populations locales. A ce propos Gabrié (2011) précise qu’ils fournissent 80% de l’apport en protéines (poissons, crustacés, coquillages) des habitants des littoraux polynésiens. Au-delà de ces aspects, les récifs coralliens constituent également une source de revenus (tourisme, aquaculture, perliculture), un élément majeur de la culture polynésienne, ainsi qu’une protection naturelle contre les phénomènes climatiques extrêmes (fortes houles, tempêtes tropicales, cyclones) selon Bambridge et Galzin (2016). En Polynésie française, il existe donc des liens forts entre les populations, les récifs coralliens et les ressources qu’ils leur procurent. Peuple attaché à la mer, ils consomment plus de 60 kg de produits marins par an et par personne, ce qui en fait l’un des peuples les plus dépendants de cette ressource. La richesse et la diversité des espèces marines varient d’une île à l’autre, mais les Polynésiens ont su en tirer avantage. Pour une même espèce de poisson, la langue polynésienne offre une variété de noms, selon la taille et les couleurs (Fourmanoir et al., 1976 ; Lavondes, et al., 1978). Le risque sanitaire ciguatérique affecte la santé de la population en raison d’agents contagieux, potentiellement contenus dans les produits marins contaminés (animaux vertébrés et invertébrés), puis consommés. L’exposition de la population à ce risque dépend donc directement de l’écosystème marin (vecteurs pathogènes, aléas naturels tels qu’une forte houle), mais aussi des approches différentes des responsabilités individuelles qui varient en fonction des modes de vie, des comportements et des représentations (revenus, choix alimentaire, etc.). La question centrale de cette recherche est de comprendre, au travers du traitement d’un risque territorialisé, la ciguatera, si l’articulation entre compréhension, prédiction et prévention, pourrait fonctionner et répondre aux attentes des habitants. Ce dernier point est à considérer, car le risque se définit aussi par sa perception et les représentations que s’en font les populations concernées. En matière de risque sanitaire, sa gravité et sa fréquence dans une population sont fonction de la longueur et de l’intensité de l’exposition. Elles justifient donc l’établissement des normes réglementaires. Cependant, les représentations sociales du risque ciguatérique ne sont pas toujours rigoureuses et proportionnées. L’information de l’opinion publique ne conduit pas nécessairement à une juste évaluation du risque. Nous verrons qu’il s’agit d’une sousestimation beaucoup plus avérée. Nous pouvons d’ores et déjà nous demander si le niveau de vulnérabilité de la population polynésienne diffère selon l’appartenance à un groupe social, comme les familles de pêcheurs. Ainsi, l’analyse épidémiologique de la ciguatera peut s’appuyer sur l’étude des représentations sociales face à ce risque, afin d’en comprendre certains déterminants sociaux, culturels ou autres. Ainsi, en raison de la forte concentration de population résidente sur l’île de Tahiti, et du fait que ce facteur accentue le risque sanitaire ciguatérique, cette étude en sciences sociales porte sur l’analyse des représentations de ce risque auprès des Tahitiens ; c’est-à-dire leur connaissance, conscience et acceptation du risque sanitaire issu de la consommation de poissons susceptibles d’être contaminés. Le questionnement de recherche se décline de la façon suivante : quelles sont les causes et les raisons de la consommation de produits potentiellement à risque ? Les facteurs socioéconomiques et culturels expliqueraient-ils, seulement ou en partie, le choix ou non de cette prise de risque ? Enfin, la connaissance de cette maladie peut-elle réduire le facteur et la probabilité qui font que la consommation de produits halieutiques provenant du récif accentue le risque sanitaire ciguatérique dans le territoire ?
Document type :
Conference papers
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https://hal-upf.archives-ouvertes.fr/hal-03211610
Contributor : Elodie Delcambre-Maillard Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Wednesday, April 28, 2021 - 8:25:57 PM
Last modification on : Thursday, April 29, 2021 - 3:26:50 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-03211610, version 1

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Citation

Anthony Tchékémian. Les représentations sociales du risque ciguatérique en Polynésie française. Colloque VULPARE - Vulnérabilités du Patrimoine Récifal, MSHP-SUD, Dec 2019, Montpellier, France. ⟨hal-03211610⟩

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